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Concert baroque se lit comme un long poème, une ode à la musique, à la beauté, à l'opulence, à la couleur, à l’inattendu, à la démesure. Que c’est bon d’oublier le langage texto pendant quelques heures ! Alejo Carpentier nous emmène au XVIII° siècle, mais la musique et les époques se rencontrent et se mélangent, et l’on se promène entre le jazz et le baroque.
Un richissime seigneur mexicain part visiter la terre de ses ancêtres, l'Espagne. Son voyage le déçoit, jusqu’à son arrivée à Venise. Venise et son carnaval extraordinaire. Déguisé en Montezuma, il rencontre Vivaldi. Puis Scarlatti, puis Haendel !... La fête est surréaliste, ils cheminent ensemble toute la nuit :
“Et tandis que le vin assoupissait de nouveau Montezuma, le Saxon mieux habitué à supporter la bière que le gros rouge poursuivait sur le ton du discutailleur assommant : " Stravinski a dit, rappela-t-il tout à coup avec perfidie ... que tu avais écrit six cent fois le même concerto. - C'est possbile, dit Antonio, mais je n'ai jamais composé une polka de cirque pour les éléphants de Barnum.”
A l’opposé des styles efficaces et des phrases courtes, l’écriture d’Alejo Carpentier est généreuse, abondante et fantaisiste.

1978, 128 pages
Traduit de l’espagnol par René L. F. Durand

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