Des nouvelles à croquer


L'Animal


Un jour d’hiver.. Il faisait un froid de canard avec en plus un vent à décorner les bœufs. En résumé, un vrai temps de cochon. Cependant, il ne pleuvait pas comme vache qui pisse et c’était déjà ça.
La lumière déclinait. C’était une heure située entre chien et loup… et, ce jour là je suis tombée dans la gueule du loup. Il a débarqué dans ma vie comme un chien dans un jeu de quilles.
Rien à ce moment là n’avait pu me mettre la puce à l’oreille. J’étais encore loin de pouvoir repérer le miroir aux alouettes. Je pensais avoir enfin trouvé l’oiseau rare et je ne savais pas encore qu’il était connu comme le loup blanc.
Tout de suite j’ai su qu’il n’était pas pédé comme un phoque mais plutôt dans le genre chaud lapin. Ce n’était pas un perdreau de l’année plutôt un ours mal léché. Il avait un air de chien battu, des yeux de merlan frit par moment à d’autres, des yeux de lynx ainsi que de belles dents de loup… Loin d’être maigre comme un coucou et en tout cas loin d’être moche comme un pou.
Plutôt bavard comme une pie, il n’était pas toujours gai comme un pinson loin de là mais en tout cas, il ne me faisait pas bailler aux corneilles et même parfois il me faisait rire comme une baleine.
Nous ne nous sommes jamais regardé en chien de faïence et je ne me suis même pas posé la question de savoir si c’était du lard ou du cochon. Cependant je ne voulais pas mettre la charrue avant les bœufs. Je n’étais pas tête de linotte mais à l’époque il est vrai que je m’ennuyais comme un rat mort car je n’avais pas d’autres chats à fouetter.
Loin d’avoir une cervelle d’oiseau ainsi qu’une araignée au plafond c’était pourtant une vraie tête de mule associé parfois à un vrai caractère de cochon. Souvent, je me demandais quelle mouche l’avait piqué !
Il adorait cependant un peu trop le veau d’or et savait très bien comment ménager la chèvre et le chou ainsi que faire l’âne pour avoir du son. C’était un vieux crabe sachant très bien se parer des plumes du paon et donner au moment propice le coup de pied de l’âne. En un mot c’était une vraie peau de vache.
Mais quand on aime il n’y a aucune raison de monter sur ses grands chevaux.… Il avait bien réussi à noyer le poisson et je me disais qu’après tout on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre.
Petit à petit je me rendis compte qu’il avait des oursins dans les poches ou si vous préférez il n’attachait pas son chien avec des saucisses. Ce vieux loup de mer faisait souvent la politique de l’autruche lorsqu’il fallait sortir son blé.
Il aurait tellement mieux aimé payer en monnaie de singe.
Puis, petit à petit l’oiseau faisant son nid, je sentis qu’il y avait anguille sous roche mais je préférais rester myope comme une taupe. Mais monsieur était rusé comme un renard et je m’aperçue assez rapidement qu’il courait deux lièvres à la fois et aussi qu’il était prêt à noyer son chien en l’accusant de la rage. Bref appelons un chat un chat cet oiseau de mauvais augure était un enculeur de mouches.
Cependant je ne voulais pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué et, lorsqu’il me posa un premier lapin, j’aurai dû détaler comme un lièvre. A la place de ça je restais malade comme un chien en face de cette réalité. Il commençait à me chercher les poux c’était sûr et moi, je tentais de lui tirer les vers du nez. Sans succès. Il était malin comme un singe et fier comme un coq. Il restait muet comme une carpe ne répondant pas à mes questions quand je lui parlais de sa poule de luxe… non d’un chien ! J’en avais la chair de poule qu’il me fasse avaler tant de couleuvres et gober les mouches. J’avais couvé un œuf de coucou. Il fallait que je prenne le taureau par les cornes. Après tout j’étais loin d’être une petite dinde ou une oie blanche mais cette histoire me rendait tout de même d’une humeur de chien.
Après avoir versé des larmes de crocodiles et hérité d’une fièvre de cheval je décidais de ne plus être le dindon de la farce. Alors je me fis bête comme une oie, un vrai mouton de panurge. Je ne voulais surtout pas crier comme un putois ni mettre la charrue avant les bœufs.
Cependant il ne servait à rien de faire l’autruche. Je n’allais tout de même pas accepter de réchauffer ce serpent dans mon sein. J’avais le cafard mais j’étais prête à le faire devenir chèvre. S’il voulait me donner le coup de pied de l’âne, il aurait affaire à une langue de vipère. J’allais lui faire manger de la vache enragée et surtout ne pas attendre que les alouettes me tombent toutes rôties dans le bec.
Le 1er jour d’avril il m’annonça soudain : « poisson d’avril » et cela sans un chat dans la gorge. Tout en récitant comme un perroquet il m’expliqua qu’il était tombé dans un vrai panier de crabes et qu’il était fait comme un rat.
Et la fine mouche d’essayer de me convaincre que les chiens ne font pas des chats et qu’il ne me quitterait que quand les poules auront des dents. Il frétillait comme un poisson et la bouche en cul-de poule me disait qu’il ne voulait pas que notre histoire se termine en queue de poisson. Je l’entendais tout bas se dire qu’il ne fallait surtout pas tuer la poule aux œufs d’or.
J’étais comme l’âne de Buridan et ne croyait qu’à moitié ce bouc émissaire…
Après m’être terrée dans mon trou de souris et dormi comme une marmotte, j’avais tout de même du mal à ne pas me fermer comme une huître et continuais à avoir les abeilles. J’avais un mal de chien et je n’étais pas à piquer des hannetons. Même si je n’étais pas forcément à cheval sur les principes, j’étais d’une humeur de chien. Après avoir fait le pied de grue quelque temps j’ai commencé à manger du lion et je me suis dit : « sois pas folle la guêpe » ; C’est le mariage de la carpe et du lapin. J’avais misé sur le mauvais cheval !

EPILOGUE
Vous donnez votre langue au chat ?
Je ne pouvais continuer à donner de la confiture à un cochon. Ce coq en pâte n’en méritait pas tant et je ne devais plus essayer de faire boire cet âne qui n’avait pas soif. Je décidais que la bave du crapaud n’atteindrait plus la blanche colombe, que nous ne serions plus copains comme cochon.
A force de crier au loup et de jouer au chat et à la souris, nous sommes retournés chacun à nos moutons respectifs.
(P. S : Je suis loin d’être une colombe, blanche de surcroît, mais lui cela en était bel et bien un…)



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